PREMIERS CONTACTS




   C'est vers 6 heures du matin ce 2 juillet 1960 que je me suis
   retrouvé, avec ma valise (en aluminium) à la main, dans la gare
   de Metz.

   Certes je n'étais pas seul, nous étions certainement plus d'une
   centaine voir plusieurs centaines, qui comme moi essayaient de 
   s'y retrouver.

   Beaucoup étaient attendus et embarquaient dans des camions.

   Par contre, pour les gars comme moi qui étions pour la 1ère CLA,
   pas de comité d'accueil.

   C'est en taxi que nous nous sommes rendus à la caserne Raffenel 
   à Montigny-les-Metz.

   Oh! quelle surprise en voyant bérets rouges et tenues camouflées 
   moi qui avais demandé l'Aviation !!!

   Après s'être renseigné auprès du gars de garde, nous avons eu 
   confirmation : c'était bien notre régiment et il a ajouté:
	 
  	"Regardez bien la vie civile les gars, 
					vous n'êtes pas prêt de la revoir"

   Il n'avait pas tort !    Charmant, les "vacances" commençaient !! 
   Et même les grandes vacances car en ces temps là, 
				   nous partions pour 28 mois. He oui !!! 

   Nous avons eu droit au petit déjeuner, ensuite on nous a montré 
   notre piaule et puis perception du paquetage.
  
   Nous avons passé notre superbe treillis (4 fois trop grand) 
					et avons fait notre lit (au carré).

   Un seul gars est resté en civil, il ne voulait pas porter 
   l'uniforme. 
   Mal lui en a pris car le mois qu'il a passé à la caserne n'a pas
   été de tout repos. Après, il s'est retrouvé en forteresse. On ne
   rigolait pas avec ce genre de comportement dans ces années là.
 
   Ce qui nous attendait après c'était le passage chez le coiffeur.

   Lorsque les 2 premiers sont entrés, on pouvait entendre des
   commentaires tel que:
	
   "ça m'étonnerait qu'ils m'en retirent, je me suis fait couper 
					          les cheveux avant de venir"
   
   "Quand on arrive avec une barbe ou une moustache, 
				        ils n'ont pas le droit d'y toucher"
 

   Un grand silence est tombé sur le groupe lorsque nos 2 collègues 
   sont sortis. Nous ne les reconnaissions plus. Ils avaient rajeuni
   de 4 ans. 
   La coupe 'TAP' qu'on venait de leur faire, consistait à mettre à 
   nu la largeur d'une main au-dessus des oreilles, de deux mains 
   derrière la tête, et de laisser 3 à 4mm sur le dessus et bien sûr
   plus de barbe ou moustache.

   Deux heures plus tard, nous avions tous l'air d'adolescents de 
   16 ans. 


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